Nos valeurs

  • Historique

    Dans le début des années 90, Vie Féminine constatait déjà que de nombreuses femmes issues des milieux populaires rencontraient des obstacles spécifiques à leur recherche d’insertion sociale et professionnelle. Les formations « Visa pour l’emploi » furent mises en place, cofinancées dans un premier temps par le Fonds social européen puis par des conventions « Article 6 » du Forem.

    Dès 2004, sept ASBL Mode d’emploi furent créées afin d’exercer spécifiquement l’action d’insertion socioprofessionnelle de Vie Féminine. Ces ASBL Mode d’emploi – Initiative d’insertion socio-professionnelle de Vie Féminine sont agréées comme Centre d’Insertion Socio-professionnelle par la Région wallonne depuis 2005.

    Les femmes – la formation – l'emploi : un constat inégalitaire
    • Malgré les avancées que constituent la plus grande présence des femmes sur le marché du travail et l’augmentation du niveau d’éducation des jeunes femmes, des inégalités flagrantes persistent :
      • la concentration des femmes dans les emplois précaires : temps partiels, contrats à durée déterminée, contrats intérimaires, titres-services,…
      • la présence massive des femmes dans certains secteurs d’activités pour la plupart dévalorisés socialement et financièrement : santé, action sociale, services aux personnes, nettoyage, grande distribution,… Cette surreprésentation confirme une construction sociale du genre fortement stéréotypée,
      • le faible pourcentage des femmes dans les niveaux élevés de la hiérarchie professionnelle,
      • la persistance des écarts salariaux entre hommes et femmes,
      • le taux élevé des femmes dans le chômage, tout particulièrement des femmes faiblement qualifiées.
    • Les inégalités dans la sphère professionnelle et celles de la vie privée se renforcent mutuellement ; la conciliation entre vie professionnelle et vie familiale reste massivement l’affaire des femmes et cette situation continue à les discriminer sur le marché de l’emploi.
    • Les inégalités sur le marché du travail trouvent également leur origine dans les « choix » conditionnés culturellement et socialement des filières d’études et de formations qui amplifient la ségrégation sexuée. Par ailleurs, seule une minorité de femmes accèdent aux métiers traditionnellement masculins pourtant en pénurie de main-d’œuvre.
    L'insertion socio-professionnelle des femmes : un projet politique

    Les ASBL Mode d’emploi inscrivent leurs actions dans une option féministe de changement social :

    • parce que la société ne peut se priver des savoirs et des compétences sociales et professionnelles de la moitié des personnes qui la composent.
    • parce que l’analyse globale des parcours de vie des stagiaires met en évidence les mécanismes socio-économiques produisant l’exclusion et la précarité des femmes et sur lesquels il faut agir.

    Notre activité d’insertion socio-professionnelle a pour objectif :

    • de promouvoir l’émancipation et l’autonomie des stagiaires dans tous les aspects de leur vie,
    • de permettre aux stagiaires de s’approprier les outils nécessaires à la réalisation de leur projet tant personnel que professionnel,
    • d’agir avec les stagiaires sur les obstacles individuels et collectifs spécifiques rencontrés par les femmes en insertion,
    • de déconstruire les stéréotypes sexués,
    • d’optimaliser les démarches d’insertion des stagiaires par une approche intégrée et basée sur le partenariat entre opérateurs,
    • de sensibiliser et de promouvoir l’égalité des chances entre hommes et femmes.

    Les ASBL Mode d’emploi entendent ainsi participer à la construction d’un nouveau modèle social égalitaire où femmes et hommes réinventent ensemble un projet paritaire, solidaire et démocratique garantissant une réelle qualité d’existence pour tous et toutes.

    Notre action s’adresse prioritairement aux femmes peu scolarisées et peu qualifiées, éloignées de l’emploi, vivant des exclusions tant économiques que sociales ou culturelles.

    Ces femmes, malgré les difficultés rencontrées, disposent de qualités indéniables : volonté de s’en sortir, capacité à raisonner en termes de solidarité et de coopération, développement de multiples stratégies pour gérer le quotidien,…

    Ces atouts sont autant de points forts sur lesquels s’appuyer.

    Les stagiaires actrices de leur formation

    Nos actions de formation placent les stagiaires au centre du dispositif.

    Notamment :

    • par une approche globale de la stagiaire dans les différentes dimensions de sa vie,
    • par la volonté de partir des besoins, des réalités, des expériences et des apprentissages empiriques afin de rendre les stagiaires productrices de leurs savoirs et de ceux du groupe,
    • par des contenus et des méthodes pédagogiques reconnaissant et respectant les stagiaires dans leur parcours de vie, sans a priori,
    • par l’utilisation d’outils pédagogiques ne véhiculant ni stéréotypes ni préjugés racistes ou sexistes,
    • par une pédagogie axée sur la réussite de chaque stagiaire,
    • par la volonté d’avancer au rythme des stagiaires pour éviter de nouvelles exclusions,
    • par le souci de développer toutes les potentialités, la confiance en soi et l’autonomie des stagiaires,
    • par la pratique de l’apprentissage des compétences transversales et transférables,
    • par la volonté de mener une pédagogie où le groupe est force motrice, permettant entraide et soutien mutuel,
    • par la pratique des évaluations formatives et des auto-évaluations,
    • par l’organisation systématique de conseils coopératifs : lieu de prise de parole individuelle et collective, d’autorégulation constructive de la vie en groupe, d’identification et de travail sur les obstacles spécifiquement féminins à l’insertion socio-professionnelle, de (ré)appropriation de la formation par les stagiaires.
    Une approche interculturelle et intergénérationnelle

    Nos actions de formation rassemblent des stagiaires de tous âges et d’appartenances différentes quant à la culture, aux convictions religieuses ou philosophiques, aux parcours de vie.
    La cohabitation de ces différences dans l’égalité, le respect mutuel et l’ouverture contribuent à l’avènement d’une société égalitaire, refusant les discriminations.

    Privilégier la dynamique collective

    Nous développons des actions de formation où dimensions individuelles et collectives interagissent.
    La dynamique de construction et de cohésion du groupe de stagiaires participe à la sortie de l’isolement, à la recréation de liens sociaux, au développement du soutien mutuel et de la solidarité, à la déculpabilisation vis-à-vis des difficultés faisant obstacle à une insertion socio-professionnelle réussie.
    La mobilisation des stagiaires, pendant la formation, autour de l’élaboration d’un projet collectif permet aussi l’acquisition d’une démarche collective globale.

    Les formations-leviers de changement

    En développant la capacité à débattre, à s’exprimer, à analyser ; il s’agit, avec les stagiaires de construire une lecture collective critique des enjeux socio-économiques en partant de leurs réalités de vie.
    L’appropriation d’une démarche citoyenne doit leur permettre de dénoncer les inégalités et de faire pression pour influer sur la société en devenant actrices à part entière.

    Des actions de formation en phase avec les réalités sociales, culturelles, économiques

    Par :

    • des formations en phase avec les évolutions sociales, économiques et technologiques mais également en adéquation avec les besoins exprimés par les stagiaires et avec notre Projet pédagogique et politique,
    • des collaborations et partenariats avec d’autres intervenants afin d’optimaliser les parcours des stagiaires,
    • la mise en place de filières et passerelles avec d’autres opérateurs de formation afin de favoriser la réalisation des projets de formation et d’insertion professionnelle des stagiaires.